Maxime Thieffine



   

   

Statement



    Est-ce qu'on est transformé par ce qu'on regarde ? Quel est l'impact émotionnel et psychique des images sur nos corps ? Sur la forme de nos corps, à l'intérieur de nos corps autant que dans nos relations aux autres corps ?


Nos corps digèrent les images, les interprètent mais ils projettent eux aussi des images. C'est ce que je fais en produisant des images avec mon corps, en peinture, dans l'atelier. Dans cet éco-système, les rencontres entre des images-sources, des matériaux et mes gestes gènèrent une grande variété stylistique. A chaque fois, le résultat sera unique et singulier.



J'assume l'hétérogénéité de ces singularités qui n'illustrent aucune théorie intellectuelle et ne servent aucune posture identitaire. Chaque peinture est un corps-objet avec ses propres lignes de fuite. Chacune rend visible certaines formes prises par la vie dans des circonstances uniques et précises, comme le font les êtres humains, les plantes ou les animaux pour exister.



    Comme un oiseau ou une pop star, chaque peinture performe sa visibilité. Réaliste et séduisante, elle s'expose. L'exposition n'est donc pas une donnée qui vient après sa fabrication mais la condition même de son corps, ambigu car à la fois image ET peinture, être vivant ET marchandise. Chaque peinture expose un corps libre et décomplexé, vulnérable et intouchable, transparent (on aperçoit son squelette au travers) et opaque (on n'en voit que la surface). Anatomie et cosmétique.





biographie


Maxime Thieffine est né en 1973 à Compiègne, il vit à Paris et travaille à Saint-Denis.


Il est diplômé (1999) en cinéma à Paris III Sorbonne-Nouvelle, où il a produit un mémoire sur l'image comme fétiche et a étudié ensuite au Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains de 2003 à 2005.


Sa pratique artistique a débuté en 2000 par l'image numérique (vidéo et photographie) pour ensuite se matérialiser physiquement dans des installations et assemblages (les .pdf et les comédiens) finalement « écrasés et fusionnés » dans l'image bi-dimensionnelle picturale depuis 2014. Il produit désormais des images en peinture, de façon organique, mouvante et non assignée.


On a pu voir son travail récent dans l'Art dans les Chapelles (2020) et au CREDAC à Ivry-sur-Seine (2019) ou à l'antenne du FRAC Ile-de-France (2017), ainsi que dans divers galeries et centre d'art en France ou en Europe ces dernières années. Il a écrit (des critiques d'expositions, des textes analytiques) pour divers revues en lignes, blogs et catalogues. Il enseigne la peinture depuis 2013 à l'ESAM Caen-Cherbourg.


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